J.L. Allouche - journaliste, présentateur - A. Kaspi - historien
Jean-Luc Allouche est journaliste. Il a été rédacteur en chef à Libération jusqu'en 2007, correspondant de ce journal à Jérusalem de 2002 à 2005. Il est également traducteur (hébreu, anglais). Il enseigne le journalisme à l’Université Paris 3.
André kaspi est historien, spécialiste de l'histoire des États-Unis. Agrégé d'histoire en 1961, il soutient sa thèse La mission de Jean Monnet à Alger en 1969, sous la direction de René Rémond. Il prépare une seconde thèse : Le concours américain à la France en 1917-1918.
Depuis 1988, André Kaspi est professeur d'histoire de l'Amérique du Nord à l'Université de Paris 1-Sorbonne et directeur du Centre d'histoire nord-américaine. En plus de ses fonctions universitaires, il a des activités au sein du CNRS et préside l'Association des amis de Jules Isaac, auquel il a consacré une biographie.
Il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont le manuel d'histoire américaine Les Américains ainsi qu'une biographie de Franklin Roosevelt. (Mise à jour: mars 2006)
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Certes, Kayro avait peur d'être à son tour arrêté, dépossédé, chassé de son pays natal. Mais il n'avait rien abandonné de ses rêves, égoïstes et magnifiques, qui faisaient son tourment et, un jour possiblement, feraient sa gloire. Pouvait-il vivre sous un ciel étranger ? Pouvait-il créer dans une culture différente de la sienne ? Il ne le pouvait pas. Il aimait trop son pays, plus peut-être que ceux qui lui déniaient le droit d'y vivre. Il ne partirait pas. Il était d'une résistance peu ordinaire. Il trouverait le moyen de rester. Cette conviction se changeait en certitude. Il s'y accrochait comme à une ancre qui le maintiendrait en place, pendant longtemps... le temps qu'il faudrait pour faire au cinéma égyptien ce que les pyramides étaient aux siècles. Tout commence dans les studios de la Kayro Films, lorsque le producteur et réalisateur juif égyptien Kayro Jacobi s'alarme d'un article dénonçant l'omnipotence et la décadence des cinéastes " étrangers " dont les films pervertissent le véritable visage de l'Egypte. Nasser vient d'arriver au pouvoir. Les studios produisent toujours leurs flopées de comédies musicales et de mélodrames lascifs, libres un temps encore de toute censure puritaine. Le cinéma égyptien est alors le phare du cinéma oriental, sa Mecque, son Hollywood, et Kayro en est l'enfant chéri. Il est, à trente-cinq ans, le roi du cinéma populaire de son pays, reconnu par ses pairs, courtisé par les étoiles du grand écran, follement aimé des femmes et cible toute désignée de la presse xénophobe. Attaqué et humilié, Kayro le magnifique entre en résistance. Dans ce roman jubilatoire où culmine son art de la tragi-comédie, Paula Jacques ressuscite les riches heures du cinéma égyptien et poursuit son exploration de la comédie des passions humaines. L'Alliance israélite universelle a été créée en 1860. Première organisation internationale de défense des droits des Juifs, elle déploya son action dans plusieurs champs : activité diplomatique en faveur des Juifs fondée sur les principes des droits de l'homme, aide à l'émigration des Juifs persécutés, création d'un réseau scolaire dans le bassin méditerranéen et au Moyen-Orient.. Marcello Massenzio propose ici une analyse fascinante de "figures" du Juif errant. Condamné à une errance perpétuelle pour avoir frappé Jésus dans la montée au Calvaire, le Juif errant devient un mythe ambigu dès le XIIIe siècle, porteur à la fois du thème du Juif témoin de la Passion et de motifs antijuifs. Une fresque de Giotto rend compte avec nuance de cette ambivalence, que mettent encore plus en évidence deux textes peu connus de Goethe. Au début du XXe siècle, le mythe est réapproprié par la culture juive, notamment dans une série de tableaux saisissants de Chagall. Après la Shoah, le Juif errant est plus que jamais porteur du destin juif - trouvant peut-être son incarnation dans le personnage troublant et obsédant du maître d'Élie Wiesel et d'Emmanuel Lévinas, l'étrange Monsieur Chouchani... "Il est la première référence. Le premier secours. Grâce à lui, tout s'éclaire. " Ainsi parle Elie Wiesel, qui rend ici un hommage poignant à l'une des figures majeures de la pensée juive : Salomon, fils d'Isaac, rabbin de la ville de Troyes au XIe siècle, plus connu sous le nom de Rashi. De son oeuvre est parvenu jusqu'à nous l'un des plus lumineux commentaires du Talmud, ainsi que quelques légendes savoureuses. Mais Rashi fut aussi le témoin d'une époque charnière et méconnue pour la communauté juive en France, marquée par un rayonnement intellectuel sans précédent. C'est ce personnage que nous invite à découvrir le grand " passeur " de la tradition juive qu'est Elie Wiesel. Cheminant dans les méandres des vieilles rues de Troyes comme dans le labyrinthe des textes bibliques, il nous convie, à travers ce portrait intime, à une promenade placée sous le signe du gai savoir. Rue des Rosiers : le quartier juif de Paris. Il remonte au Moyen Âge. À partir du XIXe siècle, beaucoup de juifs d'Europe de l'Est, fuyant l'antisémitisme, y ont posé leurs valises. Ils l'ont appelé le Pletzl, la " petite place ", en yiddish. Aujourd'hui, le Pletzl s'est " modernisé ". Mais ses murs n'ont oublié ni les joies du passé ni les malheurs endurés. Ils parlent pour peu qu'on sache les écouter. Comme parlent les anciens, dont les parents s'étaient enracinés sur ces quelques hectares parisiens. Avant-guerre, ils avaient connu un village chaleureux, avec ses odeurs de charcuterie, de fromage fermenté et de hareng mariné, ses paliers vétustes et surpeuplés, ses ateliers... L'Occupation leur a volé leur enfance, leur adolescence. Au 36, rue des Rosiers, le père de Suzanne Malamout, Joseph, ouvrier boulanger, venait de Russie, sa mère, Malka, de Roumanie. Ils furent assassinés à Auschwitz, ainsi que trois des cinq frères de Suzanne et ses deux soeurs. Des parents de Victor, Maurice et Régine Zynszajn, épiciers au 54, il ne reste que quelques lettres écrites à Drancy, avant leur départ pour une " destination inconnue ". Egalement déportés, le père de Léa Stryk-Zigelman, Salomon, maroquinier à domicile, 9, rue des Guillemites ; celui de Sarah Romen-Traube, Jacob, poissonnier sous le porche du 27, rue des Rosiers ; celui de Clément Lewkowicz, Hersz, boucher au numéro 12, arrêté avec sa fille, Rosette, 12 ans. Mordka, le père de Milo Adoner, disait à ses six enfants : " Il faut rester ensemble." Milo est le seul survivant de la rafle qui vida le 10-12, rue des Deux-Ponts, de sa cinquantaine de familles. Jacob, le père d'Alexandre Halaunbrenner, 25, rue des Rosiers, fut fusillé pour acte de résistance. Son frère, Léon, 14 ans, mourut en haute Silésie. Ses deux petites soeurs, Mina, 9 ans, et Claudine, 5 ans, furent raflées par Klaus Barbie, à Izieu...Des histoires dramatiques qui scellent un chapitre de l'Histoire de France. " Une description de la rue des Rosiers et des rues avoisinantes... bouleversante de vérité vécue et partagée ", écrit Elie Wiesel. Kayro Jacobi, juste avant l'oubli
Une nouvelle histoire de l'Alliance israélite universelle
A l'occasion de ses 150 ans (1860-2010), l'AIU organise de nombreuses manifestations parmi lesquelles s'insère ce projet éditorial. Le Comité scientifique, présidé par André Kaspi, a été nommé par l'AIU pour piloter le projet qui fait appel aux meilleurs spécialistes et à des chercheurs français, américains et israéliens de renommée mondiale.Le juif errant ou l'art de survivre
Rashi: ébauche d'un portrait
Les larmes de la rue des Rosiers