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Considérations sur l'Europe (Ed. du Cerf)

Le retour du "nom juif", avec Jean-Claude Milner  (38 min)

P. Assouline - écrivain - J.-C. Milner - philosophe

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10 commentaires

A la suite de votre dernier message 22 mars 00:25, par Abner Assoun

Cher perplexe,
vous portez ce surnom, mais vous ne vous êtes pas égaré ici ; c'est vous qui décidez de ne plus parler.
encore une fois, vous citez Marx : il n'est pas juif, ils est né protestant, dans une famille de convertis.
Bakounine n'est pas juif... Les catholiques ne sont pas juifs, ils sont universels dans leur nom propre ;
Vous êtes dans une généralisation hâtive avec des positions individuelles

Le judaïsme, dans son courant central, espère converger vers le Un en gardant le particulier de chaque peuple ; contrairement à d'autres visions, il n'est pas exigé que nous devenions tous même pour converger ;

cher perplexe, si moi je deviens vous, et vous moi : qui est l'autre ?

Et si l'autre ne m'aime pas ? Que faire ?

encore une fois, il ne s'agit pas de s'enfermer ; il existe en permanence dans les textes juifs d'une tension entre le centre et la diaspora, entre le lieu promis par Hachem et l'exil.

Entre la tradition et l'époque dans laquelle vit une génération ; on est toujours en déséquilibre, en mouvement, même si on nait dans un lieu, et que l'on y vit des siècles durant ;

vous n'avez pas répondu à mon exemple du moyen âge : il n'y avait ni marx, ni gluksman, ni bhl, et ici ou là, en terre chrétienne ou en terre musulmane, les juifs sont mis à l'index : rouelle, marquage jaune, interdits de professions ;

d'ailleurs, des siècles durant les juifs ne sont pas un peuple car ils n'ont pas de terre (de lieu !), et quand ils ont une terre, ils l'ont volée...

mettez en tension, la notion d'état des Juifs, d'état juif, état d'Israël, et vous aurez une autre façon de vous poser des questions sur ce sujet ;

les uns traitent les juifs d'infâmes nationalistes, les autres d'avoir renoncé à leur rôle de juif errant ou cosmopolite ;

le judaïsme n'est pas cosmopolite, ni nationaliste, mais comme l'a écrit un intervenant, particulier-général.

Ni Babel, ni pharaon, ni terre sacrée ou sainte,

Le seul lieu : le Temple, symbole du Lieu de la présence divine ;

encore une fois, entretenir une tradition ne se fait pas sans transmission, et cette transmission vit grâce à chaque génération qui espère laisser un monde plus juste à la suivante. Donc, transformation, réparation, attentes messianiques, le juif ne peut pas se accepter le monde tel qu'il fonctionne, c'est à dire ce monde qui vit sans morale et sans éthique ;.

Question à Perplexe 19 mars 18:02, par Bernard56

Vous êtes libre de votre choix mais je vous avoue que votre réponse me laisse... Perplexe. Car, il me semble avoir apporté un argument de taille pour contrer votre conception assez stéréotypée du "Juif" identifié à l'Universalisme abstrait, au nomade sans frontières dynamiteur des collectifs historiques existants, figure du Tout Autre :
La création d'un nouvel Etat des J (j) uifs sous la forme d'un Etat nation qui fait la synthèse entre enracinement dans une histoire au long cours et modernité libérale-technicienne sans céder au rêve messianique (du moins dans la version centrale du sionisme de Ben Gourion) de transformer le monde.
Par ailleurs, parmi les intellectuels juifs sensibles à la thématique de l'enracinement dans une demeure des hommes, vous auriez pu citer Allan Bloom ou Alain Finkielkraut, devenu la bête noire d'une gauche libérale ou révolutionnaire sans-frontièriste...
Il y a décidément trop d'impasses dans votre lecture.
J'espère que vous prendrez le temps de me répondre et vous fais observer qu'en tant qu'homme épris de culture vous ne serez jamais un Etranger sur le site d'Akadem.

Je tire ma révérence 18 mars 22:10, par Perplexe

Je remercie Bernard56 pour son compliment au sujet de mon «brio», qui me flatte beaucoup. Mais je préfère ne pas trop m’attarder sur ce fil de discussion où je suis un intrus. J’ai d’ailleurs été très étonné que mon commenatire ait été publié...

Le principal argument que l’on pourrait invoquer à l’appui d’une accusation d’antisémitisme contre moi (et si je plaidais coupable, pourrais-je espérer une remise de peine ?), c’est que j’ai tendance à être impressionné par la prédominance massive dans les écrits d’auteurs juifs d’un tropisme universaliste internationaliste, au minimum libéral, et une forte répulsion pour tout ce qui se rapproche le moindrement d’une forme quelconque d’enracinement. Alors évidemment, il est facile de dire que c’est un préjugé antisémite. Mais si l’on cessait de se mentir et si on reconnaissait que c’est un fait. Il s’agit bien d’une vision du monde juive. Abner Assoun a eu la franchise de confirmer qu’en effet les Juifs en tant que peuple et que religion ne pourront jamais renoncer à «transfigurer le monde terrestre » car dans ce cas il deviendraient une nation comme les autres et ce ne serait pas la peine. Donc ce peuple et cette religion sont porteurs d’une aspiration révolutionnaire à transformer la société des gentils, ce qui est bien la cause de l’antisémitisme. On n’en sort pas.

Je serais tenté de poursuivre ce dialogue, mais cela me met mal à l’aise. Je ne suis pas ici chez moi et je préfère m’en aller sur la pointe des pieds après un dernier billet.

J’avais préparé une petite réflexion pour donner la réplique à mes honorables contradicteurs, en tentant de trouver des auteurs juifs dont l’oeuvre fasse mentir mes «préjugés», c’est à dire des penseurs qui aient été de sincéres défenseurs du trône et de l’autel, ou disons au moins du traditionnalisme. Et le plus fort c’est qu’à force de chercher j’en ai trouvé quelques uns mais ils ne se comptent même pas sur les doigts d’une main.

Force est de constater que a) ce sont des merles blancs, b) ce ne sont pas des références car la plupart du temps il ont été complètement rejetés par leurs correligionaires et même considérés comme des rénégats, Juifs antisémites ou Juifs ayant la haine de soi : exemples typiques parmi des auteurs juifs français : Simone Weil, Daniel Halévy, Emmanuel Berl, et surtout c) ces rarissimes exceptions qui confirment la règle ne font vraiment pas le poids face aux légions d’auteurs virulents qui depuis 25 siècles et jusqu’à Marx, Adorno, Horckheimer, Marcuse.

Vous avez dis antisemite... 18 mars 09:57, par Isaac wingate

Vous n’êtes pas en train de devenir antisémite vous l’êtes déjà, Il n’y a qu’un antisémite pour faire un amalgame aussi grossier que d’attribuer aux organisations juives de France l’immigration massive depuis les 40 dernières années, c’est oublié qu’il y a en France un gouvernement, un parlement, un sénat bref des rouages qui ont permis cette immigration. La vraie question est de savoir pourquoi est-ce que vous occulter qui est le vrai responsable de l’immigration musulmane vous désigner les juifs ou les Organisations juives,
Votre scénario qu’on Bloodiest digne des protocole des sages de Sion vous désigne comme un antisémite notoire mais qui peut s’ignorer. Vos raisonnements Complotistes ne laisse aucune place à une interprétation rationnelle mais reflète tout à fait votre judeophobie, N’essayez pas de nous envaper Assumez-vous.

La pluralité du monde ne se réduit pas au chiffre deux 16 mars 18:27, par Bernard56

Bonjour Perplexe,
Français juif, je ne vois certes pas en vous un "antisémite". Mais l'analyse que vous faites avec un certain brio me paraît influencée par un certain type d'énoncé anti-juif qui assimile "le j (J) uif "au côté abstrait de notre humanité commune tandis que "le Gentil", issu d'une "race" terrienne, serait enraciné dans une communauté charnelle. Chez le juriste catholique (et malheureusement) nazi K. Schmidt, cette dichotomie essentialisante allait jusqu'à organiser l'histoire autour du combat entre le messianisme juif destructeur et l'esprit créatif de l'aryen, héritier du logos grec et du Droit romain...
Vous n'en êtes certes pas là, je vous le dis en toute fraternité, mais le monde des j (J) uifs est beaucoup plus divers que vous ne le percevez. La création de l'Etat d'Israël sur le modèle de l'Etat nation aurait pu vous conduire à relativiser cette opposition binaire abstrait/concret. Quant aux intellectuels "juifs" que vous citez comme modèles d'un universalisme abstrait, ignorant des réalités des communautés humaines, il est étrange de les réduire à une face de leur identité comme s'il s'agissait d'intellectuels organiques de la communauté juive. Ils ne le sont pas plus que Finkielkraut, que vous ne citez pas mais qui apparaît comme un penseur du républicanisme français sans renier son souci d'Israël (peuple et Etat) et qui manifeste plus le souci de conserver le monde au sens que lui donnait Hans Jonas que de le changer pour faire advenir un monde meilleur... Ou le meilleur des mondes !
Quant à au judaïsme, il peut être lu comme le faisait E Levinas comme un particulier-universel tendant à dépasser de façon dialectique le clivage artificiel entre abstrait et concret que vous ressuscitez me semble t'il...
Cordialement, .

 

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Biographie des conférenciers

Pierre Assouline - journaliste, écrivain

Pierre Assouline est né à Casablanca au Maroc. Ecrivain et journaliste, il a été le directeur de la rédaction du mensuel Lire, chroniqueur au Monde 2, critique pour Le Nouvel Observateur, et membre du comité de rédaction du mensuel L'Histoire. C'est également un homme de radio, à France Inter (1986-1990), RTL (1990-1999), ponctuellement sur France Culture. Il est enfin chargé de conférence pour le cours de lecture/écriture à l'école de journalisme de l'Institut d'études politiques de Paris.
Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, qui sont à la fois biographies, enquêtes et témoignages. On lui doit, notamment,
Lourdes histoires d'eau (Alain Moreau, 1980) et Les nouveaux convertis (Albin Michel, 1982), des entretiens avec Antoine Blondin (Le flâneur de la rive gauche) et Raoul Girardet (Singulièrement libre), ainsi que les biographies très fouillées, consacrées à Marcel Dassault, Simenon, Gaston Gallimard, Jean Jardin, Kahnweiler, Albert Londres, Hergé et ,en 1997, Le dernier des Camondo. (Mise à jour: septembre 2007).

 

Jean-Claude Milner - philosophe et linguiste

Jean-Claude Milner est né à Paris en 1941 et a fait ses études à Paris et aux États-Unis. Philosophe, il est aussi spécialiste des questions de linguistique qu'il a étudiées notamment auprès de Roland Barthes.
A l'Ecole normale supérieure, en 1961-1962, il fréquente un noyau intellectuel dominé par Louis Althusser. Puis il fait partie de la Gauche prolétarienne (GP) qui se constitue en 1968. Pendant deux mois, il milite dans des usines de Franche-Comté. Au début des années 1970, son interlocuteur privilégié est Benny Lévy, alors chef de la GP.
Il a enseigné à
l'Université Paris 7 et présidé le conseil scientifique de cette université, ainsi que le Collège international de philosophie.

Bibliographie des conférenciers

Pierre Assouline - journaliste, écrivain
  • Lutetia, (Folio, 2006)
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  • Henri Cartier-Bresson: L'oeil du siècle, (Gallimard, 2001)
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  • L'Epuration des intellectuels, Volume A, (Complexe, 1999)
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  • Hergé, (Gallimard, 1998)
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  • La Cliente, (Gallimard, 1998)
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  • Le Dernier des Camondo, (Gallimard, 1997)
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  • Les Nouveaux convertis: Enquête sur des chrétiens, des juifs et des musulmans pas comme les autres, (Folio, 1992)
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  • Simenon, (Julliard, 1992)
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  • Albert Londres. Vie et mort d'un grand reporter, 1884-1932, (Gallimard, 1990)
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  • L'Homme de l'art: D.-H. Kahnweiler, 1884-1979, (Balland, 1988)
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  • Monsieur Dassault, (Balland, 1983)
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  • Autodictionnaire Proust, (Omnibus, 2011)
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  • Vies de Job, (Gallimard, 2011)
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  • Le portrait, (Folio, 2009)
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  • Golem , (Gallimard , 2016)
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  • Sigmaringen , (Folio , 2015)
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  • Retour à Séfarad, (Gallimard, 2018)
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Jean-Claude Milner - philosophe et linguiste
  • Le Juif de savoir, (Grasset & Fasquelle, collection "Figures", 2006)
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  • La politique des choses, (Navarin, 2005)
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  • Le pas philosophique de Roland Barthes, (Verdier, collection "Philia", 2003)
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  • Les penchants criminels de l'Europe démocratique, (Verdier, collection "Le séminaire de Jérusalem", 2003)
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  • Le périple structural: figures et paradigme, (Le Seuil, collection "La couleur des idées", 2002)
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  • Mallarmé au tombeau, (Verdier, collection "Philia", 1999)
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  • L'oeuvre claire. Lacan, la science, la philosophie, (Le Seuil, Collection "L'ordre philosophique", 1998)
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  • Introduction à une science du langage, (Le Seuil, édition abrégée, collection "Points Essais", 1995)
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  • L'Archéologie d'un échec, 1950-1993, (Le Seuil, collection "Essais", 1993)
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  • Constat, (Verdier, 1992)
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  • Les Noms indistincts, (Le Seuil, collection "Connexions du Champ freudien", 1983)
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  • Ordres et raisons de langue, (Le Seuil, "Collection linguistique", 1982)
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  • De la syntaxe à l'interprétation, (Le Seuil, collection "Travaux linguistiques", 1978)
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  • L'Amour de la langue, (Le Seuil, collection "Connexions du Champ freudien", 1978)
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  • Le sage trompeur, Libres raisonnements sur Spinoza et les juifs, (Verdier, 2013)
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  • Considérations sur la France ; conversation avec Philippe Petit Jean-Claude Milner, (Cerf , 2017)
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  • Relire la révolution , (Verdier , 2016)
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  • L'universel en éclats , (Verdier , 2014)
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  • Considérations sur l'Europe, Conversation avec Philippe Petit, (Editions du Cerf, 2019)
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Bibliographie générale

Sélection d'une liste d'ouvrages sur le sujet
  • Considérations sur l'Europe, Conversation avec Philippe Petit, Jean-Claude Milner, (Editions du Cerf, 2019)
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  • Les penchants criminels de l'Europe démocratique, Jean-Claude Milner, (Verdier - Institut d'études lévinassiennes, 2003)
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  • Textes d'auteurs grecs et romains relatifs au judaïsme, Théodore Reinach, (Les belles lettres, 2007 (1895))
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  • Revue Les Temps Modernes, n°253 bis, juillet 1967, Le conflit israélo-arabe. Dossier, Collectif. Dir. Jean-Paul Sartre, (Les Temps Modernes - Gallimard, 1967)
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