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La violence dans la Bible - Cours n° 2/12

La révolte de Lilith  (33 min)

Henri Cohen-Solal - psychanalyste et psychothérapeute

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Le Satan, le Serpent, Lilith, Adam et Eve 27 octobre 09:35, par jean

Quand le Serpent dit à Eve qu’en consommant du fruit de l’arbre de la connaissance, elle ne mourra pas mais cela lui ouvrira l’intelligence, il ne ment pas. Sinon, on se demande bien pourquoi, Hachem dit « les voici maintenant devenu comme l’un de nous pour la connaissance du bien et du mal ». Donc, s’ils sont devenus « comme l’un de nous pour distinguer le bien du mal », le problème est ailleurs. Cet arbre est une chose, l’odre de ne pas en manger est autre chose. Et le Serpent se garde bien de contester la réalité de cet ordre, il fait pire que mentir, il occulte la réalité en instrumentalisant une vérité par la rhétorique.
Quand on observe attentivement la scène, on s’aperçoit que l’orde de ne pas manger de cet arbre intervient avant la création d’Eve à partir du corps d’Adam. Or le « cette fois ci, celle là… » suggère « cette fois là, celle-ci », c’est-à-dire la présence d’une autre femme précédant Eve (ce que suggère le premier récit de la création de l’homme et de la femme où tous deux ont été créés directement à partir de la terre, Eve n’a pas été créée directement à partir de la terre. C’est le fameux mythe de Lilith.
Mais au-delà des mythes et des volutes de l’imagination fertile, revenons au texte de la Torah, sous réserve que dans le présent développement, celui-ci ait bien été compris.
Après le péché, on notera également avec intérêt cette affaire de nudité, qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Qu’est ce donc que cette affaire de pudeur qui soudain apparaît vient faire là-dedans. Est-ce de la véritable pudeur ou de la névrose ? Car si on prend l’expression d’ Eve « le Serpent m’a séduite » au premier degré, cela suggère une affaire de sexe entre le Serpent et Eve, Le Serpent étant Don Juan avant l’heure, et intéressé par le « tableau de chasse » avant tout autre considération, c’est chez lui un comportement de prédateur, de voleur, d’infect personnage en ce sens qu’il culpabilise sa partenaire pour s’exonérer de ses propres turpitudes. Ce pervers abuse sciemment de l’innocence. Le Serpent alors culpabilise Eve en lui disant que c’est de sa faute, son charme est destructeur, lui il n’y est pour rien il n’a pas pu résister, il est victime de la puissance d’un charme destructeur, il faut « couvrir, voiler… tout cela », il introduit la névrose sexuelle dont depuis on ne sort plus. Eve s’est sentie terriblement coupable et le Serpent en a rajouté en l’enfonçant, en lui mettant tout sur le dos, lui il est responsable de rien, c’est une victime. Sans blague ! Serait-ce Caïn, le descendant de cette union ?
Pour en revenir aux arbres. Reprenons les grandes étapes du récit :
Adam est placé dans un jardin situé en Eden qui est une vaste région géographique, ce qui signiferait qu’il aurait été créé hors de ce jardin, contrairement à Eve. Dans un premier temps, il est dit que tous les arbres sont bons à manger, dans un second temps que la manducation de l’arbre de la connaissance du bien et du mal est interdite, cela implique qu’il s’est passé forcément un événement justifiant cette décision restrictive, celui de Lilith qui n’aurait pas voulu adhérer au projet d’Hachem ? D’ailleurs on notera à propos de Lilith et de tous les mythes qu’il y autour, les premiers-nés qu’elle fait mourrir ; curieux cette affaire de premiers-nés que l’on retrouve dans toute l’Ecriture sous une forme ou autre, comme les sacrifices sanglants à caractére expiatoire (pourquoi expiatoire, il faut expliquer, développer, rechercher le sens de tout cela qui est en corrélation avec des faits historiques réels).
Enfin, cette affaire de jardin avec, au milieu, notamment un arbre qui cause la mort, avec en plus un tentateur qui se balade pour pousser à la faute, si on ne fait pas d’efforts de réflexion, par rapport à l’ensemble du texte lui-même selon un approche midrashique, pour essayer de comprendre les tenants et aboutissants, la déduction logique est qu’on se trouve devant une formidale provocation ne pouvant pousser qu’à la faute. Ce serait comme mettre un fusil à pompe chargé dans la salle de jeux d’un entant de cinq ans, et avant de s’absenter, lui dire de ne pas toucher au fusil, c’est pousser au drame.
Alors il faut réfléchir, la Torah donne tous les indices.
Comme par exemple ces « fameux fils de Dieu » qui ont engendré avec les filles d’Adam qu’ils trouvaient belles. Le Serpent aurait-il été l’un des leurs…Folie ? Mais de qui Caîn pouvait-il avoir peur après son crime, si sur la terre, il n’y avait que la descendance d’Adam ?
Mais alors que serait venu faire Adam, quel a été l’objet de sa mission ? Cette création suggère une mission de « spiritualisation » d’un monde alors « psychique », non pas que le monde matériel doive disparaître, mais que le physique demeurant s’enrichisse de la dimension spirituelle complèmentaire (en fait les deux arbres, la connaissance certes, mais avec la Vie).
Enfin, quant au Satan, c’est un personnage de la cour céleste, aias Lucifer avant sa révolte, lequel bien sûr n’est pas en reste pour pousser les créatures à la faute, laquelle créature humaine ne se rend même pas compte parfois qu’elle est instrumentalisée.
La véritable pudeur, c’est celle d’Hachem qui, dans ce récit, car il n’aime pas étaler publiquement les péchés dans le détail, par respect pour ses propres créatures, c’est pour cela que certains événements sont suggérés. Le texte en contient des traces, à chacun de savoir décoder.
Alors, on peut dire que tout ce qui précède n’est qu’imagination et folie. Alors, il faut aussi rejeter le texte comme étant imagination et folie. Folie l’épopée de Moïse, folie l’épopée du Fils de l’Homme.

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Biographie du conférencier

Henri Cohen-Solal - psychanalyste et psychothérapeute

Henri Cohen-Solal est un éducateur et un psychanalyste franco-israélien. Il y a 20 ans, il a fondé Beit Ham, un réseau de lieux d’accueil (une dizaine actuellement à Jérusalem et dans d’autres villes d’Israël) pour jeunes en voie (ou en risque) de marginalisation et de délinquance. Sa bonne connaissance de la tradition juive l'amène à intervenir dans des colloques de manière fréquente. (MAJ 2015)

Bibliographie du conférencier

Henri Cohen-Solal - psychanalyste et psychothérapeute
  • Identités et appartenances, (collectif), (Erès, 2004)
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  • Subjectivité et appartenances, in Identité et appartenances, (Le Coq-Héron, 2004)
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  • Pluralité des Judaïsmes: Unité du peuple juif ?, (Cosmogone, 2002)
    Emprunter
  • L'Ecole juive dans la société française, (In Press Editions, 1997)
    Emprunter
  • Bernard Chouraqui: un penseur de l'Inouï, (La Différence, 1995)
    Emprunter
  • Au pied du mur de Jérusalem, (Le Cerf, 1989)
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  • Que signifie donner aujourd'hui ?, (L'Arche)
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  • Jerusalem Shalom Salam , Lettres d'espoir pour la jeunesse, (Editions de l'Atelier, 2011)
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  • Les maisons chaleureuses , (Institut d'études sociales , 2015)
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Bibliographie générale

Sélection d'une liste d'ouvrages sur le sujet
  • Lilith ou la Mère obscure, Jacques Bril , (Payot, 1991)
    Amazon
  • Lilith avatars et métamorphoses d'un mythe entre romantisme et et décadence , Pascale Auraix-Jonchière , (U.clermont-Ferrand Blaise Pascal, 2011)
    Amazon
 
 
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