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Les Portes éclairées de la nuit : Entretiens, essais, cahier, récits inédits Pour Claude Vigée, l'écriture est une nécessité vitale. Son parcours - de l'enfance alsacienne aux années noires de la Shoah, du difficile exil américain à l'installation en Israël et au retour à Paris - revêt une dimension particulière : s'y donne à lire l'étonnant mystère qui transforme un destin en œuvre littéraire. Au cours de ses entretiens avec Sylvie Parizet, il évoque les figures bibliques qui ont marqué son imaginaire - Jacob, Job, Jonas... - et revient sur son " art poétique ", qui est aussi un art de vivre. Dans son judan, recueil de textes écrits ces dernières années, se côtoient des réflexions sur le judaïsme, une étude sur Joseph, un essai sur Mozart et une " chronique des jours ", le Cahier parisien. Ce poète, qui se dit " croyant, au sens premier d'émounah ", c'est-à-dire de " confiance placée, sans poser de conditions préalables, dans la bonté si énigmatique, si imprévisible d'En Haut ", montre ce que peut être l'espérance lorsqu'elle survit, " malgré nous, malgré tout ", au lucide et terrifiant constat de la " démence meurtrière " des hommes. L'œuvre littéraire est alors au service d'une aventure qui la dépasse infiniment : transmettre la vie. La divine insouciance : Etudes des doctrines de la providence d'après Maïmonide Maïmonide, dans son maître ouvrage, Le Guide des égarés, pose la question du mal. Chez lui, une solution s'esquisse, qui produit une doctrine intégrale de la providence, fondée sur l'intellect. Pour cela, le maître juif use de tous les moyens dont il dispose : outils philosophiques, qu'il cite, ordonne, et parfois dépasse ou contredit ; outils théologiques, scientifiques, talmudiques : toute sa connaissance est convoquée. Mais il ne s'agit pas de référer à l'autorité ou aux autorités, pas plus qu'il n'est question d'inventer à neuf. Aristote, les péripatéticiens, arabes et grecs, les théologiens arabes : la pensée maïmonidienne use des outils forgés par les autres, mais elle en dispose souverainement. L'intelligence, telle que la regarde Maïmonide, ne conduit pas à tout prévoir ; elle n'est pas l'outil suprême du pouvoir, de l'omnipotence. Elle fait écho, ce qui ne sera pas le moindre des paradoxes de cette pensée si libre, à ce qu'Épicure écrit des dieux. Les dieux, dit le Grec, sont insouciants. Voilà pourquoi ils n'ont cure des hommes. Que Dieu n'ait cure, Maïmonide ne le dira pas ; mais que Dieu soit insouciant, l'auteur du Guide en conviendra si fort qu'il affirmera que l'homme intelligent, à l'horizon de son intelligence, reçoit également la condition divine - la divine insouciance. Lévinas et le contemporain Lévinas écrivait à propos de Maïmonide : « L’aspect véritablement philosophique d’une philosophie se mesure à son actualité. Le plus pur hommage qu’on puisse lui rendre consiste à la mêler aux préoccupations de l’heure. » C’est un hommage semblable que ce livre voudrait tenter de rendre à la philosophie de Lévinas lui-même, en l’articulant à quelques traits saillants de l’époque qui est la nôtre. Il invite ainsi à marcher dans les pas de Lévinas, ou plutôt à s’accorder au pas philosophique de Lévinas – un pas à contretemps pour le temps qui nous arrive. Chez les Weil : André et Simone Comment vivre aux côtés de pareils génies ? Sylvie Weil, dans ce qui est à la fois un exercice d'admiration et un exorcisme nécessaire, s'en explique avec de l'émotion et de l'humour. " Le génie était bicéphale. Mon père avait un double, un double féminin, un double mort, un double fantôme. Car, oui, en plus d'être une sainte, ma tante était un double de mon père à qui elle ressemblait comme une jumelle. Un double terrifiant pour moi, puisque je lui ressemblais tant. Je ressemblais au double de mon père. " Cette ressemblance physique troublante est le départ d'un récit qui mêle des souvenirs, des réflexions personnelles. Il en résulte une forte présence de ces deux figures intimidantes. Inadaptées l'une comme l'autre au monde réel, témoins et victimes de l'Histoire, elles méritaient d'être enfin réunies à égalité dans un livre juste, accessible, et chaleureux. Sylvie Weil est la fille d'André Weil et la nièce de Simone Weil. Elle a enseigné la littérature française dans plusieurs universités américaines. Ecrivain elle a publié des nouvelles et des romans. Dictionnaire amoureux du judaïsme " J'ai appris à devenir curieux - c'est-à-dire, en fait, amoureux du judaïsme, de son histoire, de sa façon de penser, de ce qu'il dit du monde, de ce qu'il permet aussi de penser, de comprendre, d'imaginer, J'aime aussi la façon dont il accueille toutes les critiques et dont il doute sans cesse de lui-même. J'aime la façon dont il me fait réfléchir, comme beaucoup d'autres grandes cosmogonies, aux grands invariants du monde ; j'aime encore les histoires de tant de personnages de la Bible et de l'histoire, fidèles à leur foi jusqu'à la quitter ou paraître le faire ; j'aime enfin ces petites histoires qu'on appelle juives, éclairantes autodérisions. Enfin, et peut-être surtout, j'apprécie dans le judaïsme qu'il ne soit pas jaloux, mais tolère bien d'autres amours. " |