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| Présentations des éditeurs |
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Le Portail des cieuxLe Portail des cieux de Rabbi Abraham Cohen de Herrera (1570-1635), traduit pour la première fois en français à partir du manuscrit espagnol, est une oeuvre charnière à plus d'un titre. C'est un des derniers ouvrages de kabbale écrit en espagnol par un kabbaliste séfarade d'Amsterdam à l'orée de la modernité. Destiné à guider les membres de la naci6n séfarade revenus au judaïsme et désireux de pénétrer la kabbale hébraïque, il eut toutefois une extraordinaire diffusion à la fois dans les milieux chrétiens - qui, depuis Pic de la Mirandole, s'intéressaient à la kabbale juive - et philosophiques, puisqu'on a prétendu que le panthéisme de Spinoza était directement inspiré du Portail des cieux, que l'auteur de l'Ethique avait pu lire dans sa version hébraïque alors qu'il fréquentait la communauté juive d'Amsterdam. D'ailleurs, toute l'oeuvre d'Abraham de Herrera tend sinon à concilier du moins à " penser ensemble " kabbale et philosophie, même si l'on a pu écrire qu'il " était sans doute un philosophe trop authentique pour croire à la possibilité de fusion entre les deux `royaumes', et trop authentiquement un kabbaliste pour l'appeler de ses voeux ". Il n'empêche que Le Portail des cieux est sans doute l'entreprise la plus monumentale et la plus systématique de contact entre philosophie et kabbale juive, une véritable " critique de la raison kabbalistique ". Cité par Hegel ou par D'Alembert dans son article " Cabale " pour l'Encyclopédie, R. Abraham de Herrera fait partie de ces auteurs pris entre deux mondes et qui, faute d'atmosphère adéquate, tombent dans l'oubli, puis resurgissent comme des comètes. EretzMon frère, Alain/Ilan (1951-1997) a vécu en Israël dans son extrême jeunesse, de dix-sept à vingt-deux ans, à la fin des années 60, et au début des années 70. Il avait la prétention de contribuer à construire dans ce pays quelque chose comme un Etat " socialiste" et "laïc " où Arabes et Juifs vivraient ensemble, fraternellement. Ce rêve a fait long feu. II est revenu en France, plein d'une douloureuse désillusion. En avril, mai et juin 2009, j'ai entrepris de me rendre sur ses traces : une sorte de pérégrination, avec ma compagne, Anne Amzallag. Mais le pays n'est plus le même, ni moi. Suffit-il dès lors de fouler la même terre (Eretz) pour retrouver le sens et les vestiges, quatre décennies plus tard, de cette improbable utopie qui aujourd'hui n'a plus cours? L'aventure monothéisteQue devons-nous aux trois religions nées jadis au Proche-Orient? C'est la question que nous avons posée à des hommes et des femmes issus de ces trois traditions. Qu'ils aient la foi ou soient simplement des honnêtes hommes préoccupés par cette question: comment, à partir d'un même ciel, ces trois religions ont-elles pensé précisément nos vies terrestres ? Éloge de la guerre après la ShoahL’époque contemporaine est paradoxale : alors que la guerre peut nous préserver des fléaux ou des catastrophes comme les génocides, le terrorisme ou la prolifération incontrôlée de l’arme atomique, elle est souvent perçue comme un recours immoral à la violence, qu’il faudrait condamner. Or, la seule leçon, pour autant que l’on puisse en tirer, de la Shoah et des crimes contre l’humanité qui ont suivi, est la nécessité éthique et politique de la guerre. La Shoah a été « possible » parce qu’à un moment de l’histoire, on a préféré « avoir la paix » ; et les usines de la mort ne se sont arrêtées que grâce à une volonté de combattre le nazisme jusqu’au bout. Il ne s’agit pas d’être belliciste, mais, depuis 1945, nous devons reconnaître la réalité d’une présence de la guerre comme recours moral. Dans cet essai, Michaël Bar-Zvi, philosophe et ancien militaire, se fonde sur l’expérience de la déportation vécue par son père et sur son histoire personnelle pour montrer que la guerre, dans certaines circonstances et sous certaines conditions, doit être considérée comme l’un des seuls moyens de préserver la dignité de l’homme. Pleurnichard Comme un funambule sur son fil, Pleurnichard guide Jean-Claude Grumberg dans la traversée de sa vie. L'un se cachant derrière l'autre, tous deux tentent de vaincre leur peur en la proclamant. "[...] Comment se venger? De qui? Pleurnichard avait trouvé inconsciemment son moyen: insulter les flics, les douaniers, les préposés à l'état civil ou tout autre fonctionnaire rond de cuir et manches de lustrine, les instituteurs, les contrôleurs SNCF et RATP, tous ceux qui incarnaient plus ou moins à ses yeux le pouvoir, l'autorité. Voilà. [...] Drôle de manière de se venger, dites-vous? Sans doute. Refuser la société et même au sein des organisations dont le but avoué semblait être la destruction de cette société, ou du moins sa transformation, se faire un devoir d'y râler, d'y ricaner, d'y douter, d'ironiser. (_)n tue ton père et tu ne te venges pas. Hamlet. La pièce était faite. Faire ou défaire, voilà la question. [...]"
Le peuple des livresDès le début du XVIe siècle se développent en Europe des ateliers d’imprimerie où sont édités de nombreux livres en hébreu et en yiddish. Si la production en langue sainte est connue, celle en langue vulgaire ne nous est pas familière. Quels furent les principaux centres d’impression de la littérature populaire juive, depuis l’Italie du Nord jusqu’à Amsterdam en passant par la Pologne ? Qui sont les imprimeurs, les libraires et les colporteurs qui produisent et diffusent ces ouvrages ? La multiplication des livres en langue vernaculaire répond aux demandes d’un public populaire, avide de lectures pieuses, de traductions d'ouvrages religieux et de textes profanes. L’essor de cette littérature modifie les habitudes culturelles, notamment l’interprétation des textes sacrés, et les pratiques de lecture. Le contrôle des idées par l'élite des savants, sans être bouleversé, évolue lentement. On assiste ainsi, entre le XVIe et le XVIIIe siècle, à l'ouverture de nouveaux espaces de création, à la naissance de nouvelles formes littéraires et à la transformation des échanges entre la culture savante et la culture populaire. Dans cette synthèse très documentée, Jean Baumgarten éclaire pour la première fois un aspect fondamental de l’histoire du livre dans la société ashkénaze et de la vie culturelle dans l’Europe pré-moderne. |
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| Biographie de l'invité |
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Écrivain |
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Petit-fils d'émigrants juifs polonais, Henri Raczymow est né en 1948 à Paris. Devenu professeur de lettres, il publie son premier roman à thématique juive en 1979, "Contes d'exil et d'oubli". Il a traduit de grands auteurs de la littérature yiddish (Sholem Asch, Mendelé Mokher Sforim, Ozer Warshawski). En 1980-1981, il a été pensionnaire de l'Académie de France à Rome (villa Médicis) et a reçu, en 2008, le prix de la Fondation du judaïsme français au titre des Lettres. En 2009, dans le cadre de la Mission Stendhal du ministère des Affaires étrangères, il séjourne trois mois en Israël (Tel-Aviv) avec sa compagne Anne Amzallag , afin d'y écrire un récit. |
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| Bibliographie de l'invité |
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| Conférences d'Akadem sur la littérature |
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| Jean-Luc Allouche |
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Jean-Luc Allouche est journaliste. Il a été rédacteur en chef à Libération jusqu'en 2007, correspondant de ce journal à Jérusalem de 2002 à 2005. Il est aussi traducteur (hébreu, anglais). Il enseigne le journalisme à Paris-III. |
| | A publié: Les Jours redoutables, Denoël, 2010. Les Jours innocents, récit, Lieu Commun, 1984. Les Juifs d'Algérie. Images et Textes (avec Jean Laloum), éditions du Scribe, 1987. Rêves de rencontre (avec Véronique Nahum-Grape), essai, Textuel, 1996. Écoles, familles, le malentendu (avec François Dubet), essai, Textuel, 1997. Traductions de l'hébreu David Grossman, Chroniques d'une paix différée, essai, Seuil, 2003. Amos Harel et Avi Isacharoff, La Septième Guerre d'Israël. Comment nous avons gagné la guerre contre les Palestiniens et pourquoi nous l'avons perdue, document, éditions de l'éclat/Hachette Littératures, 2005. Eli Amir, Yasmine, roman, Libella/Maren Sell, 2008. Ron Leshem, Beaufort, roman, Seuil, 2008. Boris Zaidman, Hemingway et la pluie des oiseaux morts, roman, Gallimard, 2008. Aliza Olmert, La Mer sans retour, roman, Denoël, 2008. Alon Hilu, La Maison Dajani, roman, Seuil, 2010. |
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