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Claire et Samy Kossovsky, à Versoix, en Suisse:
"Nous sommes arrivés à Strasbourg en 1963, venant de Paris. Le hasard a fait que nous nous sommes installés dans l'appartement qui était juste en dessous de celui de Mireille et Max Warschawski, et de leurs enfants. Nous étions de ces juifs parisiens, élevés dans la laïcité, issus de parents qui voyaient dans la religion une forme d'obscurantisme, d'opposition au progrès d'où devait sortir le bonheur de toute l'humanité.
Cela ne nous a pas empêchés de créer et d'entretenir des relations de voisinage de plus en plus amicales, chaleureuses, aussi bien avec le Grand Rabbin, son épouse, que leurs enfants avec les nôtres, et aussi avec l'un de leurs parents qui est devenu l'un de nos meilleurs amis, encore aujourd'hui.
Avec patience, une grand compréhension, beaucoup de délicatesse, Max nous a donné nos rudiments de culture juive. Shabbat, Pessah, la soukkha, Rosh Hashana, nous ignorions pratiquement tout. Un jour, Max a insisté pour que nous venions cette année-là assister à Khol Nidreh, à la synagogue des Contades. Nous y sommes donc venus; le sermon qu'il a prononcé nous était sans doute en bonne partie destiné : il y a parlé de l'unité du peuple juif, religieux et non-religieux, croyants et non-croyants, que tous en faisaient partie et devaient s'accepter, se respecter les uns les autres. Cette idée s'est ancrée en nous; elle a contribué à nous changer, à nous sentir solidaires et juifs à part entière.
Certes, nous nous savions juifs : les années noires nous l'avaient bien fait comprendre et sentir dans la disparition de nos êtres chers , mais c'était quelque peu confus et relativement peu important nous semblait-il alors. Cette idée a grandi en nous. Nous sommes profondément convaincus, aujourd'hui, que cette appartenance est essentielle. En grande partie, c'est à Max Warschawski, à Mireille aussi, que nous le devons. Notre affection demeurera totale.
Nous ne dirons rien ici de sa grande culture, de sa bonté rayonnante, de sa brillante intelligence, de sa porte toujours ouverte, Nous sommes heureux de l'avoir connu, d'avoir eu l'honneur et le plaisir de l'avoir reçu chez nous, de lui avoir rendu visite, ainsi qu'aux siens, plus tard, à Jérusalem. Sans lui, sans Mireille, nous serions autres..."
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