Jean-François Fontayne est discothécaire à la Bibliothèque Clignancourt Les Égarés, c'est à l'origine la rencontre entre deux sensiblités aiguës et vibrantes, celle d'un violoniste et oudiste kabyle formé à la musique arabo-andalouse et d'une chanteuse de yiddish dont la mère parlait néanmoins l'arabe à la perfection. C'est aussi des univers musicaux très éloignés : entre le klezmer fiévreux et festif de l'Europe centrale et les thèmes languissants du répertoire arabo-andalous, il y a tout de même un monde. C'est justement ce monde qu'ils ont choisi d'explorer, sans tabous, sans prétention, juste pour le plaisir d'y découvrir leur familiarité, leur unité. Puis, au fil du temps, s'est créé un groupe à géométrie variable, ouvert et accueillant à l'égard des musiciens de passage au gré des concerts, des villes, des rencontres, avec certaines collaborations s'installant dans la durée... toujours autour d'un répertoire où se travaillent et se mêlent intimement des répertoires traditionnels en yiddish, en arabe, en hébreu, en judéo-espagnol.
Selon les circonstances et les lieux, les Égares se produisent en duo, en trio, en quatuor ou en quintet, avec : un violon arabo-andalou aux accents klezmer, une clarinette klezmer qui gémit comme une flûte orientale, un violon juif aux accents litvak, un oud méditerranéen qui "bratsh" mieux qu'une mandole, un piano jazz qui scande des mélodies médiévales, une chanteuse qui prie sur des textes ultra-laïcs, mêle chants liturgiques et chansons profanes, confonds les langages, fait dialoguer les émotions les plus contradictoires et secoue les coeurs... car tout est bon quand il s'agit de parler à chaque âme la langue secrète de son propre exil.
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